Prématurés Des bébés sous haute surveillance
Un bébé est dit prématuré s'il voit le jour avant la 35 semaine d’aménorrhée. Si la naissance survient avant la trentième semaine, il est alors déclaré grand prématuré. Au Maroc, environ 6 à 7 % des bébés naissent avant terme, nécessitant ainsi des soins particuliers et une surveillance adaptée dans un service de néonatologie. Les explications du Dr. Jalal El Oudghiri, pédiatre.
“En dessous de 34 semaines d’aménorrhée, certaines des fonctions de l’organisme de l’enfant né prématurément sont immatures, d’où la nécessité de le placer dans une structure adaptée”, explique Dr. El Oudghiri. En effet, un bébé né avant terme est confronté à certains problèmes liés à la maturité de ses fonctions vitales. Ainsi, il aura du mal à respirer car ses poumons ne se sont pas encore complètement développés. “Le nouveau-né a du mal à s’oxygéner, car il ne produit pas assez de surfactant (substance qui permet aux alvéoles pulmonaires de rester ouvertes)”, précise le pédiatre. Incapable de téter, le grand prématuré a besoin d’être nourri par sonde ou par perfusion. Et pour le réchauffer, puisque son système thermorégulation ne fonctionne pas encore bien, le prématuré est placé dans une couveuse. Né avant terme, le prématuré est “non fini” ; la formation de ses organes est programmée le jour même de sa conception et il leur faut neuf mois pour être achevés. C’est pour cela que des structures adaptées sont dès lors nécessaires pour garantir le développement de ces bébés. Un cocon protecteur Au Maroc, en dehors du service hospitalier néonatal ou encore de La Goutte de Lait qui vient de s’équiper d’un matériel de dernière génération, certaines cliniques disposent de structures performantes garantissant le développement harmonieux de ce petit être fragile. Des équipements de pointe, un environnement aseptisé et un personnel paramédical qualifié garantissent à ces bébés les conditions essentielles pour bien se développer et dépasser ce premier cap difficile. En effet, aux premiers jours de sa vie, trois dangers majeurs menacent le prématuré : la détresse respiratoire, l'hémorragie intracrânienne et les infections. “Une surveillance de tous les instants est requise. Un prématuré reste une victime de choix pour l’infection. C’est pour cela que des précautions draconiennes d’asepsie sont prises. Des blouses spéciales sont exigées pour le personnel et les parents du bébé, on se lave les mains avant et après avoir touché le bébé…”, précise le spécialiste. Les incubateurs ou couveuses dans lesquels les enfants sont placés sont réglés à une température de l’ordre de 35°. L'atmosphère de la couveuse doit être humide, recréant autant que faire se peut, l’environnement utérin. Et c’est justement dans cet incubateur, que tous les organes vitaux du prématuré continueront à se développer au même rythme que dans l’utérus maternel. Cette surveillance constante se poursuit pendant quelques jours à quelques semaines. “Lorsque l’enfant est rendu à ses parents, c’est un nourrisson comme les autres, pas plus fragile puisqu’il est resté à l’unité néonatal le temps nécessaire à sa maturation. Son séjour varie de quelques jours à quelques semaines. À sa sortie, son poids doit être d’environ 2 kg ou lorsqu’il aura atteint 35 semaines. Le bébé devra être capable de téter, de réguler sa température”, explique Dr Eloudghiri. Les visites régulières et fréquentes des parents au service néonatal, vivement encouragées, permettent de tisser des liens précieux avec le nouveau-né. Le personnel médical apprend à la maman les gestes essentiels pour changer son bébé, lui donner la tétée, le bain… Des gestes du quotidien que les parents, devant la fragilité du nouveau-né, ont bien du mal à apprivoiser. “C’est vrai qu’il y a une angoisse qui se créé devant un bébé prématuré, mais on essaie de démystifier tout cela pour que les parents et leur bébé puissent vivre normalement”, insiste le pédiatre. Des soins et beaucoup d’amour permettent à ce bébé, né avant terme, de retrouver sa place naturelle et de se développer normalement.o |