L'hépatite B Mieux vaut vacciner
L'hépatite B chronique, comme toutes les autres hépatites virales, est une maladie transmissible mal connue du grand public, d'autant que la maladie demeure longtemps silencieuse. Toutefois, on peut aujourd'hui mieux soigner cette hépatite et mieux vivre son traitement. Par ailleurs, l'hépatite B est la seule maladie sexuellement transmissible qui peut être prévenue par la vaccination.
L'hépatite B est une maladie du foie qui, à l'instar du Sida, est considérée par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) comme un problème majeur de santé publique. Dans le monde, environ 350 millions de personnes seraient porteuses du virus et ce dernier entraînerait entre 1 et 2 millions de morts par an ! Au Maroc, les chiffres sont tout aussi alarmants. Il y aurait en effet environ 1.3 à 1.6 millions de personnes porteuses du virus. Un virus 100 fois plus virulent que le VIH-Sida Sachez tout d'abord que l'hépatite B est due à un virus qui provoque des lésions inflammatoires du foie. La contamination se fait surtout par voie sexuelle, mais également par voie sanguine (aiguilles contaminées, notamment chez les toxicomanes, lors de tatouages ou de piercing…), et plus rarement de la mère à l'enfant lors de l'accouchement. L'hépatite B est ainsi généralement transmise par contact avec le sang ou les liquides biologiques d'une personne infectée, à l'image du VIH, qui est responsable du SIDA. Par contre, le virus de l'hépatite B est 50 à 100 fois plus infectieux que celui du SIDA. Il ne faut donc pas oublier que l'hépatite B est une maladie sexuellement transmissible (MST). Le risque augmente avec le nombre de partenaires, avec le nombre d'années d'activité sexuelle et avec l'existence d'antécédents d'autres MST. On estime que 16 à 40% des partenaires sexuels d'individus infectés par le VHB sont exposés. En outre, le virus de l'hépatite B est le principal risque d'infection des personnels de santé, et la plupart d'entre eux se font vacciner. Le virus ne peut être transmis par l'eau ou les aliments contaminés, ni par simple contact sur les lieux de travail.
Des symptômes qui passent inaperçus Dans la grande majorité des cas, l'hépatite B passe inaperçue. Et comme toutes les hépatites, les symptômes, lorsqu'ils sont présents, regroupent fatigue, maux de tête, douleurs abdominales, nausées, anorexie, puis une jaunisse deux mois environ après le contact avec le virus. Les analyses biologiques montrent une augmentation importante des enzyme hépatiques (transaminases). L'amaigrissement peut également être important. Que l'hépatite se soit manifestée ou pas, 9 patients sur 10 vont guérir spontanément, tandis que 1 sur 10 évoluera vers une hépatite chronique. Il arrive ainsi que l'infection disparaisse d'elle-même, mais il arrive aussi que des personnes soient porteuses du virus toute leur vie sans jamais le savoir. Beaucoup de gens ignorent en effet qu'ils ont l'hépatite B. Dans ce cas, l'inflammation du foie se poursuit en silence, et le risque est l'apparition à long terme d'une cirrhose, puis d'une insuffisance hépatique ou d'un cancer du foie potentiellement mortel. De plus, le patient reste porteur du virus. Il est donc contagieux pour ses proches, qui doivent prendre un certain nombre de précautions : pas de partage des affaires de toilette, protection des rapports sexuels, … En matière de traitement, l'hépatite B chronique peut certes être traitée, mais il s'agit de traitements dont le coût se chiffre en milliers de dirhams et que les malades qui ne sont pas couverts par une mutuelle ou par une assurance maladie ne peuvent s'offrir. L'hépatite chronique B nécessite par ailleurs, dans la majorité des cas, un traitement à vie. Et, en cas de bonne réponse au traitement, la réplication virale s'éteint, même si on ne peut éradiquer totalement la présence du VHB dans l'organisme.
Mieux vaut prévenir que guérir L'hépatite B doit donc avant tout être prévenue : rapports sexuels protégés, utilisation d'aiguilles stériles pour les injections… Chez l'entourage du malade, il faut éviter l'échange de matériels en contact avec le sang (brosses à dents, rasoirs, ciseaux à ongles, matériel d'épilation, …). En outre, la prévention par le vaccin de l'hépatite B est de loin la meilleure solution. Les vaccins qui existent sont efficaces et assurent une immunité durable. Actuellement, la vaccination est surtout recommandée chez les personnes à risques (elle est obligatoire chez tous les personnels de santé) et chez l'enfant. Dans ce dernier cas, le but est l'éradication de la maladie. Les bénéfices de la vaccination contre l'hépatite B sont importants et ont été largement démontrés. C'est pourquoi le Maroc, comme les autres pays, s'est engagée dans un programme de vaccination, à la suite de la recommandation de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Le vaccin contre l'hépatite B peut être injecté à partir de deux mois en trois injections (deux injections à un mois d'intervalle, la troisième 5 à 12 mois après la première). Il existe depuis quelques temps une polémique sur l'éventuel risque, chez l'adulte, de maladie neurologique associée à cette vaccination. Ce risque n'existe pas chez le nourrisson, et les effets positifs du vaccin sont tels que la vaccination reste très fortement conseillée chez les enfants.o |